Avec un volume de 17 millions de tonnes par an à l’horizon 2025
Les déchets urbains, un créneau porteur

Les entreprises privées invitées à investir dans ce secteur

Avec une meilleure optimisation de la collecte et du tri, les déchets urbains peuvent s’avérer un créneau d’activité à forte valeur ajoutée.

 

L’expérience a déjà réussi dans les pays où la collecte de déchets connaît un niveau avancé de développement. Qu’en est-il de l’Algérie ? Tahar Tolba, sous-directeur chargé des déchets urbains au ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, vient de faire l’exposé de plusieurs indicateurs sur la question du ramassage et de la collecte des déchets ménagers en Algérie.

De prime abord, il est utile de noter que la fameuse décharge d’Oued Smar, à la périphérie de la capitale, est déclarée fermée officiellement et définitivement depuis le 5 juin 2012. «Plus aucun camion ne peut dorénavant déverser des déchets dans cette zone», a déclaré M. Tolba. Le site de la désormais ex-décharge de Oued Smar est destiné à l’implantation d’un parc et d’un jardin public d’une superficie de 40 hectares. Le nouveau projet vient d’être officialisé par un décret interministériel signé par les ministres de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, de l’Agriculture et de l’Intérieur. Après sa fermeture définitive, des équipes spécialisées s’y sont installées pour l’évacuation des gaz et autres produits chimiques pour la neutralisation totale du site. Dans ce cadre, 24 forages sont en voie de réalisation, a expliqué aussi M. Tolba.

Sur le plan global, un vaste programme est en phase de déploiement, selon le représentant du département de l’Environnement, qui vise la généralisation de l’installation de déchetteries, centres de tri et enfouissement technique à l’échelle nationale. Ainsi, 32 déchetteries et une trentaine de centres de tri sont prévus dans plusieurs wilayas du pays a fait savoir le même responsable.

L’objectif de ce programme, tel qu’il se présente, ne se limite pas à l’évacuation des détritus et le nettoyage des villes du pays, mais vise la mise en place d’un système adéquat permettant, à moyen et long termes, la rentabilisation de ce créneau, si l’on se réfère aux explications fournies par M. Tolba. Pour ce faire, le même responsable vient de lancer un appel en direction des opérateurs économiques pour investir dans la filière de la collecte et du recyclage des déchets ménagers. Dans leur démarche, les pouvoirs publics comptent étendre l’expérience des quelques PME lancées dans le cadre de la promotion de la micro-entreprise.

Toutefois, M. Tolba a soulevé les contraintes liées au recouvrement auprès des ménages de la taxe sur la collecte des déchets. Il y a lieu de rappeler à cet égard qu’une taxe de 500 à 1000 DA/ménage/an a été instituée à la faveur de la loi de finances pour 2002, mais à ce jour, d’importantes insuffisances persistent en matière de recouvrement. M. Tolba situe le taux de recouvrement à moins de 20% à l’échelle nationale de ladite taxe qui, faut-il préciser, est reversée au fonds national des collectivités locales.

Pour ce qui est des communes qui demandent l’appui des pouvoirs publics pour le renforcement des réseaux de collecte des déchets, le même responsable a invité les P/APC à faire profiter d’abord leurs communes respectives des instruments dont ils disposent, à l’instar de la taxe en question. Mais, regrette-t-il, «nous avons vu des communes riches où la collecte des déchets ménagers laisse à désirer». Enfin, il est utile de noter que l’Algérie compte un potentiel de 10 millions tonnes/an de déchets urbains et ce volume atteindra 17 millions tonnes à l’horizon 2025.